Ceux qui s'adressent à un analyste sont mus par l'envie de comprendre ce qui leur arrive et pourquoi ils souffrent ("Pourquoi est-ce que j'échoue toujours là où je souhaiterais réussir ?" "Pourquoi ces douleurs chroniques alors que mon médecin m'assure que je n'ai rien ? " etc.). Pour reprendre une expression métaphorique du réalisateur Serge Moati, "on peut décider d'entrer en analyse, tout simplement parce qu'on sent un caillou dans sa chaussure" : une petite gêne inexplicable, mais handicapante, dont on ne parvient pas à se débarrasser seul... Or une telle position requiert justement une dose de lucidité dont ne dispose pas un individu en plein délire ou totalement désespéré. En fait, les personnes qui vont vraiment très mal bénéficient de traitements médicamenteux ou se font hospitaliser.