Le psychanalyste s'appuie, dans son travail, sur deux principes essentiels : l'association libre et l'écoute flottante.
* L'association libre est l'expression spontanée de ce qui vient à l'esprit. Un mot, une image, un souvenir, un rêve en induisent d'autres et leur association éclaire certains aspects voilés du psychisme. L'analysant est conduit à exprimer de manière spontanée tout ce qui lui vient à l'esprit sans rien censurer de ses pensées, de ses visualisations ou de ses émotions. Il est plus difficile qu'on ne le croirait d'entrer dans cette liberté sans la tentation de contrôler ou de construire sa parole. Dans certains cas, l'exercice peut se transformer en monologue stérile.
"le langage structure tout de la relation inter - humaine"
* L'écoute flottante signifie que le psychanalyste doit être dans une attention où tous ses préjugés et présupposés sont écartés. Aucun élément du discours de l'analysant n'est a priori privilégié.
Le psychanalyste sert aussi de support au transfert du patient. Ce que l'on nomme transfert consiste en deux choses :
C'est d'abord le savoir que le patient "prête" à son psychanalyste. Le patient en effet est persuadé, quoi que dise le psychanalyste, que ce dernier sait de quoi il souffre et connaît la cause de ses maux. Or, c'est le patient qui "sait" ce qui s'est passé dans son histoire, mais il le sait d'un savoir inconscient : il ne sait pas lui-même qu'il sait.
"l'inconscient est ce chapitre de mon histoire qui est marqué par un blanc ou occupé par un mensonge : c'est le chapitre censuré"
Le processus du transfert est le processus par lequel le patient, sans s'en rendre compte, "transfère" ce savoir qui existe en lui et qu'il ignore sur le psychanalyste. Ce transfert permet le fonctionnement de la cure analytique : le patient en effet va pouvoir chercher la vérité parce qu'il est persuadé qu'elle existe, que quelqu'un la connaît et que ce quelqu'un est le psychanalyste.
Le transfert est, d'autre part, ce qui permet au patient de revivre tout ce qu'il a vécu. Un psychanalyste est, en effet, pour ses patients, un "inconnu". Ceux-ci ignorent ce qu'est la réalité de sa vie, ce qu'il pense et ce qu'il croit. Il est pour eux une sorte d'écran vide sur lequel ils peuvent projeter tout ce qu'ils veulent.
Le patient lui prête des sentiments parce qu'il les a rencontrés autrefois. Le transfert permet qu'ils se réactualisent dans la cure et, surtout, qu'ils soient reconnus et identifiés : quand et par qui le patient a-t-il été méprisé ou a-t-il eu le sentiment de l'être ? On transfère sur le psychanalyste, on déplace sur lui, les sentiments que l'on a besoin de retrouver pour pouvoir s'en débarrasser.